En Euskadi, l’accord entre le Parti socialiste basque (PSE) et le Parti populaire (PP, droite) écarte les nationalistes modérés du PNV du gouvernement basque autonome. Cette alliance entre “nationaux” a été possible surtout par le refus commun de la violence d’ETA. Une coalation contre-nature mais surtout contre-ETA.Alors que les nationalistes se retrouvent aujourd’hui dans l’opposition après 29 ans de pouvoir et que le projet de référendum pour l’autodétermination voulu par l’ancien président nationaliste, Juan José Ibarretxe, semble gelé pour un temps plus ou moins long, le mouvement nationaliste basque dans toutes ces composantes va entrer dans une période très instable.
Comment va réagir l’ETA ?
Nous espérons que les nationalistes sauront trouver la bonne stratégie pour reprendre le pouvoir régional. Mais avant il semble clair que si l’ETA poursuit ses actions violentes et meurtrières, c’est tout le camps nationaliste qui se retrouvera avec le boulet de la violence politique aux pieds. Dans le contexte actuel l’ETA joue contre son camp et est devenu depuis longtemps les “idiots utiles du système” espagnol. L’ETA se doit de revoir sa stratégie militaire pour servir tout le camp nationaliste. Il faut que les indépendantistes clandestins embarqués dans des actions meurtrières retrouvent les vertus positives de “l’art de la guerre” et fassent taire les armes, arrêtent le bain de sang pour privilégier le combat politique, fermement tout en refusant les crimes de sang et l’infamie.
Il ne faut plus que le sang coule, ce qui aura pour conséquence de faire voler en éclats cette coalition contre nature et permettre de préparer la reprise du pouvoir et la tenue d’un référendum sur l’autodétermination.
L’indépendance se fera par les urnes avec le soutien d’une forte majorité de basques et pas par les armes.
Le camp nationaliste doit se refaire une légitimité pour défier le pouvoir central et surmonter le dernier défi que lui lancent les “nationaux” espagnoles avec cette coalition contre nature. Pour dépasser cette version espagnole du cordon sanitaire il faudra l'union politique et stratégique de toutes les composantes du nationalisme basque. À la poubelle les idéologies et les utopies mortiféres.
Paradoxalement on n’a jamais été aussi près de l’indépendance.
AE
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Accord entre socialistes et conservateurs pour gouverner le Pays basque espagnol
A la suite d'un accord politique inédit avec la droite, les socialistes gouverneront la région autonome du Pays basque pour les quatre prochaines années. Bien que vainqueur des élections régionales du 1er mars, le Parti nationaliste basque (PNV, modéré, 30 sièges), qui exerçait le pouvoir sans discontinuer depuis vingt-neuf ans, n'atteint pas les 38 sièges de la majorité absolue au sein du nouveau Parlement basque, qui se réunira pour la première fois vendredi 3 avril.Arrivé en deuxième position avec 25 sièges, le Parti socialiste basque (PSE) a négocié le soutien du Parti populaire (PP, droite, 13 sièges). Ce dernier ne devrait pas participer au futur gouvernement autonome que dirigera le socialiste Patxi Lopez, mais il obtient la présidence du Parlement en échange de sa promesse de garantir "la stabilité" de l'exécutif.
A l'issue de quatre semaines de tractations, un accord de législature, qui devait être officiellement signé mercredi 1er avril, établit sur onze pages "les bases pour le changement démocratique au service de la société basque". Le pacte repose prioritairement sur une lutte accrue contre le terrorisme, l'unique point qui rapproche, au niveau national, les socialistes et les conservateurs, notamment depuis la rupture de la trêve par l'ETA, fin 2007, et la politique de répression adoptée par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero.
Le futur gouvernement basque s'engage à "faire disparaître tout espace d'impunité ou de légitimation de la violence". Dans ce but, il est prévu d'accorder "plus de moyens" à la Ertzaintza, la police autonome basque, suspectée de laxisme par une partie de la population. Jusqu'à ces dernières semaines, elle n'avait procédé à aucune arrestation en cinq ans dans la mouvance de l'ETA, alors que les polices d'Etat française et espagnole multiplient les coups de filet contre le groupe séparatiste.
GRÈVE GÉNÉRALE LE 21 MAI
Mardi 31 mars, une nouvelle opération espagnole a conduit à l'arrestation de huit personnes dans la région de Saint-Sébastien. Soupçonnées de préparer des actes de sabotage contre le chantier de train à grande vitesse du Pays basque, elles appartiendraient au mouvement de jeunesse indépendantiste Segi, interdit par la justice et considéré comme une antichambre de l'ETA.Si "la défaite du terrorisme" était au programme électoral des deux formations, les négociateurs du PSE et du PP ont aussi trouvé un terrain d'entente sur plusieurs chapitres de l'accord: "liberté de choix de la langue" dans l'éducation, alors que le gouvernement nationaliste sortant préconisait d'imposer le basque; "profonde réforme de la radiotélévision basque", dont la ligne éditoriale devra "refléter la pluralité de la société basque"; développement du logement social et accélération des chantiers du TGV basque "pour rattraper le temps perdu". En matière économique, les budgets 2009 seront révisés dans le sens d'une plus grande austérité.
Enfin, les deux partis sont convenus de maintenir en l'état le statut d'autonomie du Pays basque – dit "de Guernica" –, approuvé par référendum en 1979, alors que le président nationaliste sortant, Juan José Ibarretxe, faisait le forcing, depuis 2006, pour obtenir un référendum sur le droit à l'autodétermination.
Désormais, les Basques attendent de savoir quelle attitude adoptera le PNV dans l'opposition. "Sauront-ils perdre ?", s'interroge Gorka Landaburu, directeur de l'hebdomadaire Cambio 16. Pour lui, "la société avait besoin de changement, il fallait ouvrir les fenêtres après trente ans d'hégémonie nationaliste".
En guise de bienvenue au nouveau lehendakari (chef du gouvernement), dont l'investiture pourrait intervenir fin avril-début mai, les syndicats nationalistes ont annoncé une grève générale au Pays basque pour le 21 mai.
Jean-Jacques Bozonnet
Source : Le Monde


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