mercredi 15 avril 2009

CHANT DES PARTISANS - CHANT DES RÉSISTANTS



« Ami, entends-tu… »


On annonce ce soir la mort de l’académicien Maurice Druon.

Saluons la mémoire de celui qui fut l’auteur, avec son oncle Joseph Kessel, du « Chant des partisans », hymne de la Résistance française durant l’Occupation.

Rappelons également que par un curieux retournement de l’histoire, ce chant fut, quelques années plus tard, entonné par les soldats vietnamiens à Diên Biên Phû, face à l’armée française : entre temps, l’oppression avait changé d’uniforme et la résistance ne parlait plus la langue de René Char.

Pourtant, c’étaient bien des paroles françaises que l’armée coloniale entendit en ce jour de printemps 54, juste avant de connaître la défaite : « Ami, entends-tu… »

Déjà, ces mots n’appartenaient plus à la France, mais à tous les résistants…


Jean-Guy Talamoni






LE CHANT DES PARTISANS


Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?


Version militaire du CHANT DES PARTISANS


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